IN THE FIELD
Maintenance Magazine 151 – avril 2021
Utilisation du rayonnement UV-C comme moyen de lutte contre le coronavirus

Tom De Fruytier : « Les appareils d’éclairage sont équipés de capteurs qui en interdisent le fonctionnement en cas de présence simultanée d’individus dans le même environnement. » (Photo Signify)

Pour ce qui concerne la désinfection d’objets, Signify a mis au point une solution spécifique sous la forme d’une chambre germicide baptisée « Once BioShift ». (Photo Signify)

Une installation UV-C spécifique permet également de désinfecter l’air présent dans les locaux. (Photo Signify)

Le nombre des lampes à UV-C détermine l’intensité du traitement UV-C et le temps de désinfection requis
PreviousNextLe rayonnement UV-C entame une deuxième vie. Cela fait des lustres que les lampes à UV-C ont démontré leur efficacité comme moyen de désinfection des eaux potables et de piscine entre autres. Aujourd’hui, le rayonnement UV-C ouvre de nouvelles perspectives de désinfection des locaux, surfaces et objets. Leur entretien acquiert une nouvelle dimension dans la mesure où le rayonnement UV-C permet d’améliorer sensiblement la sécurité des lieux de travail.
En raison de la Covid-19, on observe (à nouveau) une progression sérieuse de la demande de lampes UV-C. Au lieu de vendre ces lampes à des entreprises qui s’en servent (entre autres) pour fabriquer des instruments de désinfection, Signify, anciennement Philips Lighting, a pris la décision de partir à la conquête de ce marché de niche. C’est ainsi que notre leader mondial s’est lancé dans le développement et la commercialisation d’appareils d’éclairage UV-C conçus pour la désinfection de l’air ambiant, de surfaces et d’objets.
Solution en fonction de l’environnement
« Nous avons défini douze types d’appareils d’éclairage conçus pour la désinfection de locaux, de surfaces ou d’objets », déclare Tom De Fruytier, Marketing Manager Office & Industry Benelux auprès de Signify. Outre nombre d’espaces semblables aux bureaux et établissements scolaires, un large éventail d’objets tels que les lunettes 3D et autres outils méritent d’être pris en considération. Une étude in vitro récemment menée aux États-Unis (Boston University) a révélé que l’administration d’une dose raisonnable d’UV-C suffisait à neutraliser près de 99 % des particules virales de la Covid-19 en six secondes à peine. Toutefois, en cas d’exposition ordinaire, les lampes à UV-C sont dangereuses pour la peau et les yeux. « Le nombre des lampes détermine l’intensité du traitement UV-C et le temps de désinfection requis. Les appareils d’éclairage sont équipés de capteurs qui en interdisent le fonctionnement en cas de présence simultanée d’individus dans le même environnement », selon De Fruytier. En sa qualité de virologue auprès de l’Université de Gand, le Professeur Hans Nauwynck croit en l’avenir des désinfecteurs UV-C : « Les lampes à UV-C tuent les bactéries et inactivent les virus. Leur champ d’application étendu leur permettra aussi de se rendre utiles pendant la période post-Covid. »
Amélioration de la sécurité des lieux de travail
Pour créer un lieu de travail plus sûr et à l’épreuve du coronavirus, il est indispensable d’en désinfecter l’air ambiant, les surfaces et les objets présents. « S’agissant de la désinfection des surfaces, nous pensons automatiquement aux plans de travail, interfaces utilisateur et équipements de manutention. Une bonne ventilation constitue la première règle à respecter pour qu’un local devienne à l’épreuve du coronavirus, la mise en oeuvre de lampes à UV-C représente à cet égard une excellente mesure complémentaire. Mais il faut également désinfecter bon nombre d’objets tels que les appareils portatifs (scanners, casques et outils) », selon De Fruytier.
Surfaces
Le parc de machines d’une entreprise industrielle moyenne se compose de machines et bancs de travail présentant des surfaces de contact importantes sur lesquelles les virus sont susceptibles de survivre pendant plus longtemps. Complémentaire des processus d’entretien existants, le rayonnement UV-C se prête à une désinfection totale de ces surfaces. À cet égard, des équipements de manutention tels que les chariots élévateurs, chariots porteurs ou robots entrent également en ligne de compte. « Nombre de membres du personnel d’une entreprise se servent régulièrement du matériel roulant en atelier. Si ces engins sont souvent dépourvus de poignées ou de leviers adaptés, ils n’en présentent pas moins un nombre appréciable de points de contact. En outre, le nettoyage manuel de ces engins est relativement compliqué et chronophage. Mais une désinfection totale des équipements de cette nature peut s’opérer dans des chambres ou tunnels à UV-C », selon De Fruytier. Pour ce faire, il suffit de fixer une série d’appareils d’éclairage UV-C au plafond du local en leur permettant d’émettre leur rayonnement désinfectant à intervalles réguliers. Sur le plan de la sécurité, diverses options de protection sont susceptibles d’être installées. Plusieurs méthodes de détection redondantes sont applicables : capteurs d’occupation des lieux, capteurs de porte, signaux visuels et acoustiques émis pendant le traitement, etc.
Le parc de machines d’une entreprise industrielle moyenne se compose de machines et bancs de travail présentant des surfaces de contact importantes sur lesquelles les virus sont susceptibles de survivre pendant plus longtemps
Air
Au sein des unités de production et d’entreposage, le risque de transmission du coronavirus demeure élevé, nonobstant le respect des mesures de distanciation sociale. Dans ces locaux, la ventilation est une nécessité impérieuse pour assurer le renouvellement de l’air ambiant, réguler la température, prévenir la combinaison éventuelle de déchets, miasmes, fumées, chaleur, poussières, CO2, etc. et veiller à un apport suffisant en oxygène. La ventilation couvre aussi bien les échanges d’air entre l’intérieur et l’extérieur que la circulation de l’air dans le bâtiment considéré. Cependant que la ventilation risque de favoriser la dissémination des bactéries véhiculées par l’air, surtout lors de son renouvellement, l’installation UV-C est également à même de désinfecter le flux d’air d’une manière contrôlée et à une distance raisonnable des personnes présentes. « Une telle désinfection de l’air est également envisageable dans les cantines, vestiaires, sanitaires et locaux accueillant les distributrices automatiques. À ceci près que leur désinfection a lieu sans nécessiter aucune interruption des activités de l’entreprise. L’air est désinfecté à la hauteur à laquelle il circule », déclare De Fruytier.
Objets
Dans la plupart des entreprises industrielles, l’utilisation d’appareils portatifs est des plus courants. Il suffit de songer aux scanners ou casques indispensables à l’exécution de certaines tâches ou à l’établissement de communications avec des tiers. Comme ces appareils sont utilisés par plusieurs personnes, on ne peut écarter tout risque de transmission du virus de la Covid-19 par le biais de la surface de ces appareils. Certaines études ont révélé que nombre de virus étaient capables de survivre cinq jours durant sur des surfaces en verre. « Des outils d’assemblage tels que les tournevis entrent également en ligne de compte. Ces outils passent régulièrement de main en main, pendant une période de travail déterminée ou entre deux périodes de travail consécutives. Alors que le nettoyage de ces outils à l’aide de chiffons s’avère souvent hasardeux, l’exécution d’une désinfection aux UV-C de quelques minutes au terme d’une période de travail autorise une réutilisation immédiate des outils concernés par l’ouvrier ou le technicien qui prend la suite. Pour ce qui concerne la désinfection d’objets, Signify a mis au point une solution spécifique sous la forme d’une chambre germicide baptisée ‘Once BioShift’. Cette chambre épouse, de prime abord, les contours d’un four ; elle se décline en deux formats distincts », conclut De Fruytier.
Par Philip Declercq