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Maintenance Magazine 172 – mai 2026

Cybersécurité OT @ Indumation 2026

Thème d’une table ronde

En février, l’industrie du Benelux s’est réunie à Courtrai pour la 8e édition d’INDUMATION, où 250 exposants y ont présenté leurs solutions d’optimisation, de digitalisation et d’automatisation des processus de production. Sous la devise 'Accelerate your industrial autonomous solutions – shift into 5th’, plus de 10.000 visiteurs ont découvert une large gamme de technologies et de produits exposés.

Cybersécurité OT – Où en sommes-nous et quelles sont les prochaines étapes ? 

Les réseaux industriels sont aujourd’hui exposés à des risques sans précédent liés aux vulnérabilités héritées, à l’apparition de logiciels malveillants inconnus et à la multiplication de systèmes connectés à internet. Ce qui était autrefois un problème IT s’étend désormais aux technologies opérationnelles (OT) sous l’effet combiné d’Industrie 4.0 et 5.0, de l’edge computing et de l’IA, qui réduisent la frontière entre l’IT et l’OT.
Lors du salon Indumation 2026,  Karl D'Haveloose, managing director d’Indumation, a animé une table ronde consacrée à la cybersécurité OT. Cette session a réuni des clients finaux, des prestataires de services et des leaders mondiaux de la cybersécurité et de l’automatisation industrielle. Le panel était composé de Lars-Peter Hansen (Global Head of Horizontal Cybersecurity chez Siemens Digital Industries), Dharminder Debisarun (Smart Industries Cybersecurity Executive chez Palo Alto Networks), Erik De Nert (Head of OT chez Spotit et membre d’Agoria CMIB Steerco) et de l’utilisateur final Bruno Simoens (Project Lead Infrastructure / Infrastructure Network Architect IT & OT chez Unilin). 

D’après l’étude '2025 SANS State of OT Security', une organisation sur cinq a été victime d’un incident de cybersécurité au cours de l’année écoulée, dont 40% ont entraîné des perturbations opérationnelles. Ces chiffres démontrent que de tels incidents nécessitent les mêmes exigences de sécurité, de fiabilité et de continuité que celles mises en place pour les incidents mécaniques ou environnementaux. 

Les chiffres témoignent de la prévalence croissante des cyberattaques visant les systèmes OT : en 2024, plus de 25% des attaques ciblaient déjà les entreprises actives dans la production et la transformation. La bonne nouvelle, c’est que les organisations industrielles détectent les menaces plus rapidement. Près de 50% des incidents en 2025 ont été détectés dans les 24 heures et 60% ont été maîtrisés dans les 48 heures suivant leur détection. Toutefois, le rétablissement complet reste trop lent: 22% des incidents ont nécessité entre 2 et 7 jours pour être résolus, 19% ont demandé plus d’un mois, et 3% plus d’un an. 
L’un des principaux moteurs de la cybersécurité OT est la mise en conformité avec la directive NIS2 (2022/2555). Cette législation européenne impose aux entités essentielles et importantes des secteurs critiques de renforcer leur cybersécurité, de signaler les incidents et de gérer les risques dans la chaîne d’approvisionnement. 
Au cours de la discussion, plusieurs outils nécessaires à la sécurisation des systèmes OT ont été identifiés : 

  • La segmentation du réseau et les systèmes de détection d’intrusion (IDS) industriels sont indispensables pour protéger et isoler les systèmes et les machines vulnérables ou obsolètes qui n’ont jamais été conçus pour être connectés à internet.
  • Les solutions OT spécifiques sont essentielles à la continuité de l’activité, car les logiciels de sécurité IT standard peuvent, dans certains cas, provoquer la défaillance de systèmes industriels.
  • L’intelligence artificielle (IA) est déjà largement déployée pour la détection d’anomalies : des alarmes sont déclenchées au moindre écart de flux de données par rapport au comportement normal des lignes de production.

En résumé, le panel d’experts a conclu que la cybersécurité OT est une nécessité absolue et non plus une option. Les intervenants ont souligné l’importance d’une collaboration étroite entre, d’une part, les fournisseurs de technologies et de solutions de cybersécurité et, d’autre part, les entreprises industrielles. Cette synergie est indispensable pour concevoir, déployer et gérer conjointement les environnements IT et OT de la manière la plus efficace possible. Enfin, Lars-Peter Hansen de Siemens Digital Industries a rappelé qu’une crise n’est jamais le moment idéal pour un ‘premier rendez-vous’ et que les entreprises doivent impérativement être préparées et disposer d’un plan d’intervention et de reprise après incident. 


SANS State of OT Security 2025
Cette table ronde s’appuyait sur le rapport SANS State of OT Security de 2025, un référentiel pour les programmes de sécurité industrielle à l’échelle mondiale qui rend compte de la manière dont les organisations protègent leurs infrastructures critiques – de la détection et de la réponse aux incidents à la conformité réglementaire et aux investissements technologiques – depuis 2017. L’étude de 2025 a recueilli les avis de plus de 330 professionnels de la cybersécurité issus des secteurs de l’énergie, de la fabrication, de l’eau, du pétrole et du gaz, des transports et autres secteurs critiques.
 

Cybersécurité OT : aujourd’hui et demain
Pendant longtemps, la cybersécurité s’est principalement concentrée sur l’IT : la protection des données et la gestion des accès aux informations. La technologie opérationnelle (OT), quant à elle, était axée sur le contrôle et la surveillance des machines et des processus industriels dans des secteurs tels que la production, l’énergie et les télécommunications.
Aujourd’hui, l’IT et l’OT convergent de plus en plus grâce à des évolutions comme l’Industrie 4.0, l’IIoT et l’analyse des données. Cette convergence IT/OT permet d’analyser en temps réel les données issues des systèmes industriels dans des environnements IT. Cela améliore l’efficacité des processus et favorise une prise de décision plus éclairée.
Des différences subsistent toutefois en matière de sécurité. L’IT met l’accent sur la protection des données, tandis que l’OT se concentre sur la sécurité et la continuité des processus. Comme les perturbations en OT peuvent avoir des conséquences importantes, les deux domaines collaborent de plus en plus au sein d’un modèle de sécurité intégré.