EVÉNEMENTS  
Maintenance Magazine 172 – mai 2026

Global Maintenance Day

Le 9 juin, offrez des fleurs aux hommes et aux femmes de la maintenance. Envoyez-leur un petit mail pour les remercier. Après tout, ils veillent au fonctionnement sûr et écoénergétique de l’usine, des infrastructures, de la technologie, des machines et des processus. Leur travail prolonge la durée de vie des installations et évite l’impact écologique d’un remplacement prématuré. La valeur ajoutée est considérable, même si elle n’est pas toujours reconnue. Le service de maintenance accomplit des tâches essentielles en toute modestie, souvent de manière ‘invisible’. De fait, le secteur attire peu les jeunes, alors que le métier de technicien de maintenance est en pénurie, même en période de ralentissement économique. Le manque de personnel qualifié est devenu un phénomène pratiquement mondial. Il est impératif d’inverser la tendance si nous voulons préserver notre prospérité.

Le Global Maintenance Day est une initiative du Global Forum for Maintenance and Asset Management (GFMAM) qui rassemble des organisations partageant les mêmes valeurs à travers le monde. L’objectif est de favoriser le partage de connaissances et d’expériences en maintenance et gestion des actifs, tout en faisant évoluer le métier. L’un des moteurs de cette initiative a été - et est toujours - l’European Federation of National Maintenance Societies (EFNMS), dont la BEMAS belge est membre. 

Wim Vancauwenberghe, directeur de la BEMAS, était présent en 2010 lors de la réunion fondatrice du GFMAM à Londres. En 2020, il a pris l’initiative de mettre en place une journée mondiale de la maintenance. Il siège aujourd’hui, au nom de l’EFNMS, au comité chargé de l’organisation du Global Maintenance Day. 

Global Maintenance Day

Les professionnels de la maintenance jouent chaque jour un rôle essentiel, souvent peu visible et insuffisamment reconnu. Pourtant, la maintenance ne représente pas seulement un coût : elle crée une réelle valeur ajoutée. Le Global Maintenance Day veut mettre cette contribution en lumière en encourageant les entreprises et organisations à lancer des initiatives autour de la maintenance.
« Nous voulons aussi adresser un message positif aux médias », explique Wim Vancauwenberghe. « La Belgique possède une solide expertise en maintenance préventive grâce à la présence des industries chimique, pharmaceutique et nucléaire. Des réglementations strictes en matière de sécurité ont fortement stimulé cette évolution. Ces dernières années, des fournisseurs innovants de solutions de maintenance prédictive ont émergé et les nouvelles technologies sont désormais appliquées concrètement. »

L’IA fait passer la maintenance à un nouveau niveau

« En substance, il faut effectuer une maintenance lorsque cela s’avère nécessaire », rappelle Wim Vancauwenberghe. Si, auparavant, la maintenance préventive reposait principalement sur des intervalles de temps, nous savons aujourd’hui que les mécanismes de défaillance sont multiples et que des dysfonctionnements surviennent de manière aléatoire. Nous ne pouvons pas toujours prédire l’apparition de facteurs externes, mais nous savons qu’ils déclenchent un processus de dégradation à un moment précis.

L’intelligence artificielle joue ici un rôle croissant. Grâce à l’analyse continue des données de capteurs et des processus, l’IA détecte plus rapidement les anomalies et identifie les tendances. À court terme, des agents IA soutiendront les équipes de maintenance dans la planification des interventions au moment optimal. En parallèle, il reste essentiel d’éliminer les causes profondes des défaillances. L’avenir de la maintenance repose donc sur une combinaison intelligente de technologie et d’expertise humaine.

La maintenance, levier de résilience

Nous vivons aujourd’hui dans un contexte d’incertitude et de perturbations croissantes. Les chaînes d’approvisionnement industrielles sont de plus en plus exposées à des chocs externes : tensions géopolitiques, crises énergétiques, pénurie de matières premières et cybermenaces. Dans un tel environnement, la résilience – ou capacité à absorber les perturbations et à se rétablir rapidement – devient une  priorité stratégique. Les organisations dotées d’une structure de maintenance solide sont capables de garantir la disponibilité de leurs installations, de résoudre rapidement les défaillances et de limiter les pertes de production. Cela ne concerne pas uniquement l’industrie : en Ukraine, par exemple, ce sont souvent les services techniques qui remettent en état les infrastructures essentielles après un sinistre ou une panne.

La résilience exige des connaissances techniques pointues, de l’expérience et un savoir-faire. La capacité à agir avec ingéniosité sous pression et à trouver des solutions avec des ressources limitées ne s’improvise pas. Elle est le fruit d’une pratique quotidienne, d’une maintenance systématique et d’une maîtrise fine des actifs. La maintenance devient un levier stratégique pour la continuité et la solidité des organisations.

« Une fonction aussi vitale pour notre société mérite bien une journée internationale… Nous souhaitons même que le Global Maintenance Day soit inscrit au calendrier officiel des Nations Unies », déclare Wim Vancauwenberghe, qui appelle tous les décideurs politiques à soutenir l’idée. La première étape consiste à ce que tous les acteurs du monde économique se mobilisent et mettent les services de maintenance à l’honneur, ne fût-ce qu’une journée. 

Par Luc De Smet


De la maintenance à la gestion des actifs

Lors de la création du Global Forum for Maintenance and Asset Management, on observait un intérêt croissant pour la gestion des actifs et la norme PAS 55, qui visait à optimiser la gestion des équipements physiques tout au long de leur cycle de vie. En 2014, cette norme britannique a été remplacée par la série de normes ISO 55000.

La mise en place d’une démarche de gestion des actifs exige une expertise solide. Aquafin a été la première entreprise en Belgique à obtenir la certification ISO 55001. « D’autres gestionnaires d’infrastructures, tels que Fluvius et Elia, font preuve d’une grande maturité et intègrent les principes de la norme ISO 55000 dans leur gestion », ajoute Wim Vancauwenberghe. Il souligne l’existence du Certified Asset Management Assessor (CAMA) mis en place par le World Partners in Asset Management (WPIAM). « Dans de nombreux pays, cette certification est un must-have pour les auditeurs chargés d’évaluer un programme de gestion des actifs. » En Australie, plus de 200 professionnels ont déjà obtenu la certification CAMA. En Belgique, personne pour l’instant. 

Global Asset Management Day
L’année dernière, le GFMAM a décidé d’instaurer, en plus du Global Maintenance Day, un Global Asset Management Day. La première édition a eu lieu cette année, le 12 avril. « À cette occasion, la BEMAS a développé, avec Mainnovation, un outil d’auto-évaluation permettant aux organisations d’estimer leur maturité en gestion des actifs. Cet outil peut être utilisé dans tous les secteurs: infrastructures, bâtiments, industries, commerces de détail, … et fournit, outre un état des lieux, un plan d’action pour progresser. L’outil en ligne est accessible via le lien : “selfscan.bemas.org.”