L’Union européenne a publié une nouvelle législation visant à simplifier les règles relatives au reporting de développement durable et au devoir de vigilance des entreprises. Avec la Directive (EU) 2026/470, Bruxelles entend réduire la charge administrative tout en veillant à ce que les entreprises restent transparentes quant à leurs performances en durabilité.
D'après Wever, de l'Association néerlandaise pour la maintenance efficace (NVDO), il s’agit d’une avancée majeure. « Si la réglementation est applicable, les organisations pourront se recentrer sur l’essentiel : travailler de manière plus durable. »
Qu’apporte cette nouvelle directive européenne ?
Ronald Wever: « L’UE a manifestement tenu compte des réalités du terrain. Nombre d’entreprises sont déjà pleinement engagées dans le reporting de durabilité mais le cadre réglementaire est assez complexe. Nous l’avions constaté lors du Roadshow CSRD international organisé par la NVDO en 2024. Les 333 participants issus de douze pays étaient unanimes : la réglementation est trop complexe et trop exigeante en main d’œuvre. Avec la nouvelle directive, l’Europe s’efforce de rendre le système plus clair et plus facile à mettre en œuvre. Moins de bureaucratie, mais une ambition intacte. Nous en sommes extrêmement satisfaits. Le développement durable ne doit pas s’enliser dans la paperasserie. Les entreprises doivent consacrer leur énergie à des améliorations opérationnelles. »
Pourquoi cette réglementation concerne-t-elle également les professionnels de la maintenance?
« Parce que la durabilité commence en fin de compte par vos actifs », explique Ronald Wever. « Les installations, les bâtiments et les infrastructures déterminent en grande partie la consommation d’énergie et de matériaux. Une maintenance de qualité prolonge la durée de vie des actifs, prévient le gaspillage et améliore l’efficacité des installations. C’est précisément ce dont traitent de plus en plus souvent les rapports de durabilité. » Selon lui, cela place automatiquement la gestion des actifs au premier plan. « Si les organisations sont tenues de démontrer en toute transparence le caractère durable de leurs opérations, une question s’impose rapidement : comment gérer concrètement les actifs ? »
Constatez-vous déjà ce changement dans les organisations?
« Absolument. La gestion des actifs et le développement durable sont de plus en plus étroitement liés. Les organisations examinent de manière plus critique leur consommation d’énergie, la circularité et l’allongement de la durée de vie des installations. Ce sont des thèmes que les professionnels de la maintenance abordent au quotidien. Cela montre qu’une gestion rigoureuse des actifs contribue directement aux objectifs de développement durable. »
Comment la NVDO perçoit-elle cette initiative européenne?
« À la NVDO, nous l’accueillons très favorablement. L’Europe poursuit la transition vers le développement durable tout en veillant à ce que la réglementation reste applicable. C’est précisément ce dont nous avons besoin : des cadres clairs qui permettent aux organisations de prendre des mesures concrètes. »
« Nous considérons cette évolution comme une opportunité », ajoute Ronald Wever. « La durabilité devient un enjeu stratégique au sein des organisations. Et c’est là que la maintenance professionnelle peut faire la différence. Une gestion des actifs montre comment déployer les actifs de manière plus intelligente, plus durable et plus résiliente. La NVDO se félicite donc de cette mesure et encourage l’intégration explicite de la maintenance et de la gestion des actifs dans les stratégies de développement durable. »
Gestion durable des actifs avec MORE4Sustainability
Le projet MORE4Sustainability accompagne les entreprises industrielles dans l’amélioration de leur efficacité énergétique et la réduction de leurs émissions. Il a été coordonné par la BEMAS, en collaboration avec NVDO, EMC2, FVI et Mainnovation, avec le soutien d’Interreg North-West Europe.
Dans le cadre de ce projet, des modules d’e-learning gratuits ont été développés, portant sur l’amélioration des performances en matière d’émissions et d’efficacité énergétique dans les entreprises industrielles, grâce au Sustainable Asset Management.
À l’issue de ces formations en ligne, les participants peuvent obtenir la certification « Certified Sustainable Asset Management Practitioner ».