IN THE FIELD  
Maintenance Magazine 142 – décembre 2018

World Class Maintenance 2018

L’événement annuel World Class Maintenance 2018 qui s’est tenu à Utrecht début octobre a attiré la foule et était focalisé sur le thème de la femme dans le monde de la maintenance.

« La maintenance de classe mondiale est trop importante pour n’être confiée qu’à des hommes » a lancé Ineke Dezentjé Hamming-Bleumink, présidente de FME. Dans le même temps, elle a souligné qu’à peine 17% des femmes techniques étaient actives dans le domaine technique. On peut donc faire mieux… Entretemps, l’infrastructure vulnérable vieillit. « D’ici 2020 et 2030, il faudra remplacer un tiers de plus qu’aujourd’hui », ce qui nécessitera une maintenance intelligente, principalement.

A cela, Roos Knulst, commercial manager chez NoordzeeWind Shell, a raconté à quel point il est ‘physique’ d’entrer dans des éoliennes offshore. Cela demande huit jours de formation intensive avant de pouvoir rejoindre l’équipage d’un bateau en mer… Elle insiste donc sur l’importance d’investir dans un pool de techniciens polyvalents qui finalisent des travaux en une fois. « Un bon technicien est un technicien paresseux qui est extrêmement efficace. Que puis-je faire en moins mais plus intelligemment ? Moins d’activités signifie aussi une maintenance plus sûre. »

« Dans le transport maritime, on sait qu’il n’y a traditionnellement qu’un patron à bord, le capitaine, alors que la collaboration s’avère payante », a poursuivi Marije Ruysch-Koster, partenaire à la start-up Aviso Instruments REDS MARITIME, qui commercialise des systèmes de surveillance. D’après elle, l’innovation n’est possible que par la collaboration. Elle s’attend à une révolution dans la gestion des actifs. La maintenance, aussi réactive selon les règles mises en avant par les fabricants, est chamboulée. Il faut adopter la technique et mieux l’orienter vers une maintenance prédictive et tendancielle. L’innovation ne se trouve pas dans le système des organisations, constate-t-elle. Cela nécessite de la collaboration, de la transparence, l’établissement de choix et d’autres compétences…

Dans sa présentation captivante ‘A million parts rotating rapidly around an oil leak waiting for metal fatigue to set in’ le capitaine Dominique Schreinemachers, pilote sur le Cougar AS-532, a raconté comment son hélicoptère de transport avait été la cible de tirs en Afghanistan et que la commande hydraulique avait été touchée. Dans un tel cas, il est prescrit de tester les systèmes avant de continuer à voler. Mais sa ‘formation’ lui a dit de ne ‘pas’ faire ce qu’elle avait appris. C’est ce qui lui a sauvé la vie car lorsqu’elle freina en fin de vol et tira vers le haut, l’arbre du rotor se brisa à une hauteur de 10 à 15 mètres. Les 14 personnes à bord survécurent au crash. Dominique Schreinemachers a souligné sa confiance dans la technique et dans les personnes chargées de la maintenance.

Celeste de Jong, Maintenance Manager chez Croonwolter&dros, a sondé le moment de remplacement idéal d’installations d’infrastructure à grande échelle. « Nous sommes toujours trop tôt ou trop tard. » Nous en savons trop peu sur le développement et les processus qui ont un effet sur la durée de vie et nous ne savons pas quand le moment est opportun d’effectuer un remplacement. 62,5% des installations sont remplacées pour des raisons de développement économique, parce que les pièces ne sont plus disponibles ou parce que des nouvelles technologies se présentent. Pas parce que l’actif ne fonctionnait plus. Des facteurs externes difficiles à prédire, donc. Elle a développé un modèle avec lequel il est possible d’étayer la décision. Elle a travaillé sur la thèse de doctorat de Richard Ruitenburg “Manoeuvring physical assets into the future: Planning for predictable and preparing for unpredictable change in Asset Life Cycle Management.”

« Les Romains étaient des garçons étranges mais ils connaissaient l’importance de la maintenance », a constaté Lieve Declercq, Managing Director SPIE Nederland. Son fil rouge : la valeur des actifs et de l’infrastructure et leur maintenance a tout à voir avec la durabilité. « Une stratégie de maintenance basée sur la durabilité va au-delà de la performance de l’installation. » Elle a également préconisé l’intégration d’‘indicateurs de durabilité’ dans le plan de maintenance. Bref, la maintenance de classe mondiale et la durabilité vont de pair.

Par Luc De Smet