IN THE FIELD
Maintenance Magazine 138 – décembre 2017
Agissez, inspectez le béton à temps
-
-
-
-

Corrosion acide d’un sol en béton et combinaison avec une corrosion acide ainsi que de l’armature à la face inférieure d’un socle en béton (Photo : Sanacon)

Altération avancée de l’armature inférieure d’une dalle de sol en béton. (Photo : Sanacon)

Échantillonnage dans des parois en béton corrodées par du sulfate. (Photo : Sanacon)

Détermination de la force d’adhérence de coatings sur les parois en béton. (Photo : Sanacon)
PreviousNext
Le béton est depuis des décennies un matériau de construction très populaire en bâtiments, en ponts et en tunnels mais également en constructions industrielles telles que les réservoirs de stockage, les bassins de rétention, les tours de refroidissement... Autrefois mis en oeuvre avec une idée d’éternité alors que la réalité actuelle est tout autre. En effet, de nombreuses infrastructures en béton sont délabrées.
Selon le Dr. Ir. Tim Soetens, co-gérant de Sanacon, l’état de beaucoup d’infrastructures en béton est dramatique. Se trouvent principalement aujourd’hui dans le collimateur, les ponts, les tunnels et les piscines. L’industrie elle aussi peut s’inquiéter. « Le secteur chimique surtout est un tendon d’Achille », dit-il. « La plupart des constructions datent des années ‘60 et ‘70. Certaines ont parfois été utilisées de façon ininterrompue. En conséquence, le béton n’a jamais pu être bien entretenu ni bien inspecté. Lors d’arrêts pendant quelques jours par an, l’inspection ne peut être que superficielle et les réfections mineures sont exécutées sans connaître le mécanisme sous-jacent des dommages. »
« En tant que tel, le béton est un matériau fort durable », poursuit le Dr. Ir. Mathias Maes, co-gérant de Sanacon. « Seulement, en chimie, et souvent aussi dans d’autres secteurs, des produits corrodant le béton sont utilisés. Comme les fortes concentrations de chlorures, de sulfates et d’acides : des substances chimiques des process qui peuvent pénétrer dans le béton, altérer les armatures ou décomposer les clinkers. En extérieur, les conditions météo peuvent également avoir un impact négatif supplémentaire. »
Lieu de travail en évolution
Un autre problème rencontré par l’industrie est l’évolution des lieux de travail dans le temps. Les sites se développent. Avec pour résultat que de cruciales structures en béton se trouvent encerclées par des annexes compliquant de facto l’entretien des bétons. La stabilité des sols en béton souffre parfois fort dans une entreprise en croissance : de nouvelles et lourdes machines sont livrées, des nouvelles techniques s’implémentent en permanence...
Inspectez à fond les dégâts sur les constructions en béton tous les dix à quinze ans
En soi, cette évolution ne mène pas forcément à l’altération du béton. Mais de gros problèmes peuvent surgir si le béton est déjà altéré et qu’on n’en tient pas compte lors de l’installation de nouvelles techniques et conduites. Soetens : « Toutefois, l’industrie doit garder en mémoire qu’en cas de réparation ultérieure du béton, les coûts d’enlèvement et de réinstallation des techniques pèseront dans la balance. »
Visible ? Trop tard !
Nous sommes ici au cœur du problème : lorsque les altérations du béton deviennent visibles, il est généralement trop tard pour intervenir de façon économiquement efficace. « Dans le meilleur des cas, il faut imaginer des solutions qui autorisent encore l’utilisation sûre des infrastructures pendant quelques année », explique Soetens. « Si le ferraillage est dépassivé, il se corrode et cette corrosion repousse le béton à la périphérie. Résultat : fissures, fragments délabrés et à terme, même une perte de stabilité. À l’extrême, il se pourrait que la matrice de ciment soit attaquée par des acides et/ou des sulfates, mettant la stabilité en danger. »
« Le problème est que les dégâts au béton dans l’industrie est une problématique complexe vu la multitude possible d’altérations (simultanées) et le fait qu’elles ne soient pas immédiatement visibles », selon Maes. « Pour se faire une idée, il est nécessaire d’échantillonner et d’analyser les échantillons en laboratoire. »
Prévenir et limiter les dégâts
Les fabriques sont-elles donc incapables de gérer la situation ? « Bien sûr que si », nous racontent les gestionnaires de Sanacon. « Si toutes les structures en béton étaient inspectées en détail tous les dix à quinze ans, les mesures de prévention nécessaires pourraient être prises à un coût minime. Comme l’application ou le remplacement de coating étanche ou chimiquement résistant, de couches de mortier ou en colmatant les fuites par des injections appropriées. »
« Mais soyons réalistes : il est financièrement et pratiquement impossible d’effectuer ces inspections sur toutes les infrastructures. Nous conseillons pour cette raison d’écoler les travailleurs pour leur apprendre à détecter les signaux de dégâts apparents. Un œil averti détecte ces derniers et est capable d’en déterminer l’importance. En bref : il peut déterminer quel béton présente le plus grand risque d’endommagement de telle façon que les contrôles supplémentaires par des bureaux spécialisés puissent être plus dirigés. »
Apprenez aux travailleurs à détecter précocement les dégâts
« En fin de compte, un tel expert joue un rôle essentiel pour les investissements futurs. Il peut par exemple faire appliquer préventivement un coating spécial sur de nouvelles citernes en béton. En outre, nous plaidons à ce que les entreprises tiennent compte, lors de nouvelles constructions, de problèmes éventuels de capacité en cas d’arrêt causé par des problèmes avec le béton et de prévoir une solution de secours pour certaines infrastructures. Il devient ainsi possible d’effectuer une inspection périodique du béton et de faire des réparations en profondeur. »
« Ces investissements sont infimes comparés aux frais causés par des altérations profondes, car en général, la seule solution économique envisageable est de démolir et de tout reconstruire. C’est une solution onéreuse en soi, mais si l’infrastructure est également critique pour la production, les dégâts économiques seront majeurs car certaines unités de production devront fermer pendant des mois. Conclusion : consacrez suffisamment d’importance à votre infrastructure en béton. Avant même l’apparition de dommages visuels, et agissez préventivement au lieu de curativement. Sans cela, vous courez le risque de vous trouver dans une spirale de coûts financiers majeurs ! » <<
Par Els Jonckheere.