IN THE FIELD
Maintenance Magazine 140 – juin 2018
Intérêt croissant pour la gestion d’actifs basée ISO
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Rhys Davies est le président du comité ISO TC251

« Nous ne sommes pas intéressés par l’obtention du certificat ISO 55000, mais bien par l’application pratique de la norme de qualité, dans le but d’assurer la fiabilité de nos actifs », déclarait Peter Van Parys, ingénieur-directeur chez North Sea Port. (Photo : Koen Mortelmans)

Guido Verrept, chef d’équipe conseil chez I-care, constate une demande croissante de formation ISO 55000. (Photo: Koen Mortelmans)
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La gestion d’actifs s’impose pour rester compétitif dans l’économie mondiale. C’est pourquoi la Bemas organise non seulement divers cours de formation, mais a également invité le spécialiste britannique Rhys Davies à animer un séminaire sur le sujet à Anvers.
L’ISO 55000 définit la gestion des actifs comme l’activité coordonnée d’une organisation pour réaliser de la valeur à partir des actifs. C’est un ensemble de procédures et d’outils d’aide à l’optimalisation des performances des actifs physiques tout au long de leur cycle de vie. « Le suivi sans plus d’une directive ou d’une norme n’est pas la panacée », explique
Exit la « mentalité en silo »
Davies développait brièvement les dangers d’une mentalité en silo. Les départements de certaines organisations ont tendance à ne pas partager d’informations ou d’expériences avec les collègues d’autres départements. Il note que ce phénomène se produit également entre les niveaux hiérarchiques. « Chaque niveau hiérarchique, comme une tribu, utilise ses propres outils, coutumes et rites »,dit-il. « Il y a souvent déjà des différences dans les définitions de certaines données de base. »
Pour Davies, la gestion des actifs est une « concentration » d’un certain nombre d’hypothèses au sommet d’une organisation : des objectifs clairement définis, une vision stratégique à long terme, des décisions transparentes et cohérentes issues d’une connaissance factuelle solide et basée sur les risques liés à l’utilisation des actifs. « La gestion d’actifs ne résout pas vos propres problèmes mais bien des problèmes organisationnels. Dans de nombreux cas, la meilleure solution pour une organisation dans son ensemble n’est pas la meilleure solution pour un certain niveau hiérarchique. “Optimiser” est par conséquent un mot dangereux, car il n’a pas le même sens pour tout le monde. »
La gestion d’actifs ne résout pas vos propres problèmes mais bien ceux des problèmes organisationnels.
Création de valeur
L’application de la norme ISO 55000 peut réduire les coûts de gestion des actifs et ainsi augmenter le profit, calculé sur la base de ces coûts. Les procédures créent une image transparente des indisponibilités planifiées et non planifiées des actifs et des coûts de maintenance. Cela permet de déterminer précisément s’il est utile de continuer à exploiter d’anciens actifs ou d’en acheter de nouveaux.
Des décisions cohérentes sont nécessaires car leur absence génère des situations à risque. « Au fil du temps, il y a toujours un problème qui surgit d’une façon ou d’une autre. C’est pourquoi il est inhérent à une bonne gestion de vérifier régulièrement si les procédures existantes tiennent toujours compte de l’évolution de la situation actuelle. Cela vaut la peine de se poser la question pour chaque mesure : à quel objectif commercial est-ce lié ? Le lien avec ces objectifs doit également pouvoir être clair en production. Mon expérience avec les entreprises est que les cadres supérieurs sont plus facilement convaincus que tout cela va de soi et que les procédures se déroulent correctement, tandis qu’en production, le personnel s’inquiète de la mauvaise tournure des choses. Ils ont tous deux torts. »
L’application est plus importante que le certificat
« Auparavant, nous travaillions de manière instinctive, mais entre-temps, quatre ans se sont écoulés depuis la mise en place de la gestion d’actifs », explique Peter Van Parys, ingénieur-directeur chez North Sea Port, la récente fusion des ports de Gand, Terneuzen et Flessingue. Tous les ports maritimes flamands et néerlandais se sont impliqués en même temps. « Nous ne sommes pas intéressés par l’obtention du certificat ISO 55000, mais bien par l’application pratique de la norme de qualité, dans le but d’assurer la fiabilité de nos actifs. Les revenus de la société portuaire proviennent directement de l’utilisation de ces actifs, tels que les docks, les quais et les écluses. Les procédures ISO nous permettent de minimiser nos coûts de maintenance et d’investir de façon plus ciblée sur le long terme. »
Convaincre les collègues
North Sea Port se considère toujours un peu comme une PME. « La distance entre la direction et le lieu de travail reste limitée. Les effets pratiques bénéfiques de la gestion d’actifs ont été rapidement visibles sur le lieu de travail. Il était un peu plus difficile de convaincre à l’avance tous les collègues de l’équipe de direction de son utilité, car les résultats financiers sont difficiles à estimer. Heureusement, nous avons pu exposer quelques exemples de cas pratiques. »
Guido Verrept, chef d’équipe conseils chez i-Care participait au séminaire car sa société qui conseille les entreprises pour leur planification de la maintenance souhaite organiser à l’avenir des formations ISO 55000. « Nous observons une demande croissante à ce sujet. En premier lieu, de la part d’entreprises avec de nombreuses machines de production, qui veulent empêcher les arrêts intempestifs. De la part également de sociétés aux actifs complexes qui sont opérationnels dans le cadre de contrats à long terme, tels que les pétroliers. Je vois ici aussi une présence importante de services publics. Pour eux, la disponibilité opérationnelle de leurs actifs est leur cœur de métier. Il n’est donc pas surprenant que la société d’épuration d’eau Aquafin ait obtenu le certificat ISO 55000 en tant qu’une des premières entreprises belges. » <<
Par Koen Mortelmans
Rhys Davies est le président du comité ISO TC251, qui a préparé la publication de la série ISO-55000 pour la gestion d’actifs. Depuis cette publication, en 2014, ce comité se concentre sur les politiques et les finances gouvernementales. Rhys est également à la tête de la société eAsset Management. Il a conseillé de nombreux grands groupes internationaux et services publics dans le monde entier, principalement dans les secteurs de la logistique et de l’énergie. Il coopère à cet effet avec les membres de la direction générale qui sont responsables de la gestion des actifs physiques sensibles au risque tels que les bâtiments, les installations de production et les infrastructures pour le transport et l’exploitation énergétique, le traitement de l’eau et des déchets.