IN THE FIELD  
Maintenance Magazine 140 – juin 2018

Condition Monitoring et digitalisation au Salon Maintenance 2018 

Sujet incontournable des événements traitant de la maintenance industrielle, la surveillance d’état des machines a occupé une place honorable dans les allées de la foire Maintenance 2018, qui s’est tenue les 21 et 22 mars dernier. Des capteurs à demeure jusqu’aux infrastructures complètes, les startups et sociétés de service tentent d’innover dans un marché de plus en plus concurrentiel.

Les utilisateurs industriels se voient confrontés à des impératifs de productivité et de performance de plus en plus élevés. Pour certains, il s’agit même de prolonger la durée de vie des machines coûte-que-coûte, quitte à multiplier les contrôles préventifs. Selon le cabinet d’asset management Mainnovation, près de la moitié des équipements et installations industrielles devront être remplacés d’ici 2025. Dans le même temps, selon PLC Management, le marché mondial des machines industrielles deviendrait de plus en plus important et représenterait 180 milliards d’euros par an. Dans ce contexte, la gestion du cycle de vie de l’outil revêt un caractère de plus en plus critique pour les responsables de l’entreprise. Les solutions de monitoring intégrées, faciles à déployer et à faible coût sont ainsi de plus en plus préférées.

L’expertise via Cloud

Le spécialiste en maintenance prédictive, I-care, qui a récemment fait l’actualité en fusionnant avec le Louvaniste Allied, présentait son éventail de solutions hardware et software ainsi que l’évolution de son offre digitale pour les mois à venir. Bart de Moor, responsable Sales & Marketing, explique: «A partir du nouveau groupe consolidé (ndlr: I-care et Allied), nous sommes entrain de mettre en place une nouvelle organisation, laquelle sera entièrement dédiée à l’industrie du futur et à l’évolution digitale du condition monitoring. Le nom et la forme juridique de l’entité devraient être arrêtés pour cet été.» Poursuivant au sujet des nouvelles solutions de condition monitoring proposées par la société: «Aujourd’hui, classiquement, les agents de maintenance prédictive se rendent sur place avec un collecteur de données, effectuent leurs mesures, analysent les résultats une fois rentrés, et envoient finalement leur rapport au client. Cette présence systématique chez le client devient de moins en moins indispensable du fait de l’évolution rapide des capteurs et des technologies embarquées: le meilleur exemple est notre capteur plug-and-play, Wi-care, permettant d’effectuer des analyses vibratoires et des contrôles de température. Via son propre gateway, le capteur peut directement envoyer les données mesurées à nos serveurs cloud.» Dans cette philosophie, la société présentait au salon une nouvelle plateforme web-based baptisée «I-see», fournissant aux responsables de maintenance des dashboards en temps réel sur l’état des assets, alimentés à partir des données vibratoires et de température du capteur Wi-care, ou des technologies de maintenance prédictive tierces (thermographie, analyse ultrasonique,…). L’accès en continu à un volume de données grandissant, ouvre de nouvelles perspectives, comme le souligne B. De Moor: «Ce que la plupart des utilisateurs industriels font aujourd’hui se résume à du ‘condition-based maintenance’ et n’a en réalité rien de ‘prédictif’, c’est-à-dire prendre des actions sur base d’événements qui viennent de se produire. L’intérêt réel du prédictif consiste à prendre des actions afin de prévenir l’apparition d’un événement indésirable. Pour arriver à un résultat réellement optimal, le recours au big data est indispensable: les données de condition monitoring, de production, les informations contextuelles, les données de qualité doivent toutes être décloisonnées et traitées ensemble pour réellement arriver à anticiper efficacement d’éventuels événements indésirables. Nous menons un projet pilote en ce sens chez un client en sidérurgie et nous parvenons déjà à obtenir des résultats probants.»

Optimiser le field service management

En soutien aux entreprises de maintenance elles-mêmes, l’expert néerlandais Way2Connect (actif sur le terrain depuis 2005) a présenté sa solution informatique pour l’optimisation et la numérisation de processus d’entreprise orientés services. Les entreprises axées sur les services rencontrent souvent des difficultés lors de la planification des activités, de la gestion de la main-d’œuvre, de la planification de projets ou de la gestion des contrats. Le système de gestion des services sur le terrain conçu par Way2Connect élimine les tâches administratives souvent fastidieuses, en digitalisant les ordres de travail et en donnant un aperçu en temps réel de la planification. Avec leur module IoT, une notification peut indiquer d’éventuels signaux de défauts sur les assets directement via le logiciel. Sur cette base, une maintenance prédictive peut être envisagée en envoyant un technicien directement inspecter l’asset en question. Le logiciel LINK2 peut être lié à un système ERP ou à un logiciel existant. <<

La start-up Aloxy a remporté le dernier BEMAS Digital Innovation Award avec son capteur multifonction (température, magnétisme, vibration, orientation, accélération, géolocalisation ...) qui se connecte sans fil via différents protocoles (LORA, SIGFOX, DASH7, RFID, ...). Aloxy, qui mise sur le monde chimique et pétrochimique, travaille sur une certification ATEX. (Photo: LDS)

Par Ayoub Alaoui