IN THE FIELD  
Maintenance Magazine 140 – juin 2018

Innovateur dans la lutte contre la corrosion

L’équipe METALogic d’experts en corrosion et matériaux dispose d’un mix de savoir-faire académique et industriel qui débouche sur des solutions innovantes pour les défis concrets de clients industriels.

METALogic a vu le jour en 1991 en tant que spin-off du département Métallurgie et Sciences appliquées des Matériaux de la KU Leuven. Au départ, les activités étaient principalement axées sur le développement de systèmes fondés sur l’intelligence artificielle pour la sélection de matériaux et la maitrise de la corrosion dans l’industrie. A partir de 1997, METALogic s’est transformée en une entreprise hautement technologique avec d’une part la recherche de phénomènes de dégradation de matériaux et d’autre part le développement de produits et de services pour le suivi de la dégradation de matériaux. La dégradation de matériaux se produit sous diverses formes comme la corrosion, la fatigue, la rupture, etc.

L’entreprise accompagne ses clients à tous les stades décisifs du parcours de vie d’une installation industrielle, avec l’objectif d’allonger sa durée de vie de manière sûre. La prestation de service comprend notamment :

  • lors de la conception et de la fabrication d’une installation: des conseils sur la sélection des matériaux et des coatings, les tests de corrosion, de coatings et autres matériaux, l’analyse de risque;
  • pendant le cycle de vie opérationnel : la surveillance de la corrosion et du coating, le suivi du développement de fissures, les tests électrotechniques, la recherche ultrasonique avancée, le risk-based inspection (RBI);
  • en cas de défaillance: l’analyse des dommages et des conseils pour l’avenir.

METALogic travaille pour divers secteurs industriels, notamment la chimie, la pétrochimie, la transformation des métaux, l’industrie alimentaire, le stockage de gaz industriels, etc. Le secteur de l’assurance fait également partie de la clientèle.

Une offre combinée

Au cours des dernières décennies, l’entreprise est devenue un centre de connaissances de premier-plan dans le domaine des phénomènes de dégradation de matériaux. Dans ses laboratoires, elle réalise des recherches avancées sur la dégradation des matériaux sous diverses conditions. A côté de cela, elle effectue des tests sur les sites de clients industriels. Dr. ir. Christine Buelens, Managing Director de METALogic: « Nous sommes aussi bien actifs dans la recherche en laboratoire que dans les essais sur le terrain, ce qui nous rend uniques par rapport aux instituts de recherche d’une part, et aux organismes de contrôle ‘classiques’, d’autre part. Cela a ses avantages. Pour tester par exemple l’intégrité d’une cuve de gaz sphérique, les organismes de contrôle effectuent généralement des contrôles visuels, avec un collaborateur qui doit effectivement ramper dans la cuve ou le récipient sous pression. Nous avons innové dans ce domaine en développant une méthode de mesure non-intrusive à l’aide de capteurs que nous fixons au récipient sous pression ou installons de manière permanente. Cette approche est bien plus rapide, et les opérations normales sont à peine interrompues. »

Risk-based inspection (RBI)

Pour répertorier l’ensemble des appareils (récipients sous pression, échangeurs de chaleur, etc.) et les conduites dans les sites industriels, et ainsi optimaliser l’inspection, une inspection basée sur le risque (RBI) est proposée. Pour chaque appareil et pour chaque conduite (ou groupe de conduites), la fréquence et la technique d’inspection sont calculées séparément sur base du risque estimé.

Le risque est évalué quantitativement et qualitativement à partir de deux facteurs: la probabilité de défaillance et l’impact de la défaillance. La probabilité de défaillance d’un équipement ou d’une conduite dépend du degré et du type de dégradation par la corrosion, la fatigue, … METALogic guide le client avec son expertise dans les phénomènes de dégradation et mène une étude approfondie des mécanismes de défaillance potentiels, permettant d’estimer la vitesse de dégradation et donc la probabilité de défaillance.

Le second facteur, l’impact de la défaillance, est en principe estimé par le client, en concertation avec METALogic. Cette estimation a lieu notamment sur base du danger lié au produit. A côté de cela, l’estimation de l’impact tient compte de l’importance de l’équipement ou de la conduite dans le processus complet. Pour chaque élément (équipement ou conduite ou groupe de conduites), les estimations pour les deux facteurs (probabilité de défaillance et impact de la défaillance) sont présentées dans une matrice de risque. A partir de là, un plan d’action spécifique avec une fréquence et une technique d’inspection adaptées est couplé à chaque élément. Ce qui résulte en un plus d’inspection global de tous les éléments du site. Les inspections peuvent être réalisées par

METALogic ou un autre organisme. « Par cette approche RBI, le client peut optimaliser les fréquences et les méthodes des inspections. Cela permet de prolonger la durée de vie des installations, sans compromettre la sécurité », souligne Christine Buelens.

Un logiciel RBI transparent

METALogic a traduit cette approche RBI structurée dans un logiciel compréhensible, commercialisé depuis 2017 sous le nom CORLIFE. Contrairement à d’autres logiciels similaires, cette solution ne comprend pas de boîte noire mystérieuse mais est totalement transparente pour les clients. Ceux-ci peuvent consulter tous les résultats des études de dégradation et de RBI ainsi que le planning d’inspection, les techniques d’inspection définies, les emplacements de surveillance et les rapports d’inspection. Ils peuvent même ajouter leurs propres rapports. Par la centralisation de toutes ces données, cet outil constitue un véritable système de connaissances sur les phénomènes de dégradation des installations du client.

Des solutions innovantes

Le département R&D recherche activement des solutions innovantes pour les défis concrets des clients. L’entreprise a ainsi récemment développé une cellule de mesure efficace pour les mesures SIE (Spectroscopie d’Impédance Electrochimique) de structures revêtues sur le site d’un client. Via cette cellule, des mesures sont réalisées plus rapidement et sans interruptions.

Un autre exemple est le développement d’une unité de surveillance mobile de la corrosion (CMU). Cette unité peut être raccordée pendant un laps de temps à l’installation du client et comprend tout l’appareillage pour une surveillance en ligne de la corrosion ainsi que la possibilité d’exposer des coupons de corrosion et des éléments de test. <<

Par Luc Franco