HUMAN RESOURCES
Maintenance Magazine 140 – juin 2018
Parcours du sollicitant chez Volvo

Au cours de la visite guidée, les participants ont pu découvrir les techniques utilisées par le constructeur automobile. (Photo: Volvo Cars Gent)

La pratique montre qu’une formation sur le lieu de travail est souvent utile avant que le nouveau collaborateur ne soit pleinement opérationnel. (Photo: Volvo Cars Gent)
PreviousNextVolvo Cars à Gand construit près de 250.000 voitures par an. Plus de 5.000 personnes travaillent sur le site qui abrite aussi quelque 1.000 robots. Toutes les minutes, une voiture sort des chaînes de montage. Ceci exige un service de maintenance avec une main d’oeuvre suffisante. Voilà pourquoi Volvo organise un job event spécifique pour les techniciens de maintenance.
« Le gros problème est l’afflux limité de candidats » lance le manager HR, Bart Thoen. « Le métier de technicien de maintenance a toujours été en pénurie et la situation ne s’arrange pas parce que la demande est trop importante. Malheureusement, un emploi en technique continue d’être méprisé. Il y a encore des parents qui préfèrent que leurs enfants suivent une formation dans l’enseignement secondaire général. Nous travaillons activement pour encourager les jeunes et les étudiants à se tourner vers une formation technique, comme notre engagement à Boutique Technique. »
« Lors de ces événements, des parents envoient consciemment leurs enfants pour qu’ils se familiarisent à la technique. C’était beaucoup moins le cas par le passé. Les écoles techniques n’ont pas faciles non plus. Il y a beaucoup de bonne volonté chez les professeurs et les directions mais les évolutions de la technique sont si rapides qu’il leur est quasiment impossible de tout proposer. Les écoles ne peuvent que rêver de tout ce qu’il y a ici : robots, PLC, Industrie 4.0, la palette est complète. »
Importance de la faculté d’apprentissage
Chez Volvo, on analyse en permanence les évolutions technologiques pour optimiser la politique de recrutement. Bart Thoen: « Jadis, nous avions des offres d’emploi clairement définies avec une liste des compétences que les candidats devaient avoir. Mais la technique évolue si rapidement que ces compétences sont obsolètes dans les cinq ans. Nous recherchons donc d’autres capacités, comme une faculté d’apprentissage.
J’entends ici une volonté continue d’apprendre, la passion de rester à jour. C’est essentiel dans une entreprise qui applique des techniques hautement évolutives. » Bart Thoen avance un exemple. « Nos robots viennent désormais de chez ABB, un nouveau fournisseur. Et notre système PLC a récemment été modernisé avec un TIA de Siemens. Ces changements exigent une capacité d’attitude à vouloir apprendre en continu de la part de notre personnel. »
Strategic Workforce Planning
Pour réagir face aux évolutions de la technique, le projet Strategic Workforce Planning a été lancé. « Nous nous retrouvons régulièrement avec les HR et les responsables de maintenance pour évaluer les évolutions à long terme. L’objectif est de déjà identifier les futures compétences des prochaines années et voir comment nous pouvons y répondre. »
Dans l’industrie automobile, l’emploi fluctue en fonction du nombre de modèles produit à un moment. La courbe de recrutement a une forme d’onde qui augmente à long terme. « Cette courbe signifie que de nombreuses personnes vont partir en pension au même moment. Voilà une information qui démontre toute l’utilité d’une planification à long terme. »
Faculté d’apprentissage: une volonté continue d’apprendre, la passion de rester à jour.
Job event et visite guidée
Volvo Cars a invité les candidats potentiels à une visitée guidée. C’est une des nombreuses initiatives que l’entreprise organise pour encourager les sollicitants dans un emploi. Tasha Moens, recruteuse chez Volvo, présente le concept: « Après l’accueil, les participants sont invités à visionner un petit film de présentation de l’entreprise. Ensuite, nous les guidons à travers l’usine. La visite est gérée par des techniciens de maintenance qui présentent leur département et les activités. » Nous utilisons plusieurs canaux pour attirer les candidats potentiels : les sites d’offres d’emploi, LinkedIn, le site du VDAB, les écoles de la région qui proposent des formations pertinentes, les valves d’offres d’emploi dans les hautes écoles, des flyers et des affiches. Au final, une trentaine de personnes se sont inscrites. « Ce taux de participation est conforme à nos attentes. »
Walhalla pour les techniciens
Luc De Buck, superviseur au département maintenance chez Volvo Cars, participe aussi aux visites. Dans le cadre de sa fonction, il est étroitement impliqué dans le recrutement de nouveaux collaborateurs. « Nos techniciens de maintenance sont répartis dans deux groupes. Il y a un groupe dédié à une seule technique, nous avons ainsi un département PLC, un département robots, …, et un autre groupe constitué de techniciens qui ne sont pas spécialisés dans une technique spécifique mais qui peuvent être déployés partout. Les profils que nous engageons aujourd’hui sont pour la plupart des personnes qui ont terminé une septième année de spécialisation ou des gradués. »
« L’évolution de la technique est si rapide que les nouveaux collaborateurs ont besoin de plus de formations sur le lieu de travail, mais celui qui veut travailler ici doit déjà disposer d’une bonne base. Nous demandons aux sollicitants des compétences sur les PLC’s et Industrie 4.0, mais on remarque qu’elles ne sont pas toujours suffisantes. Nous construisons donc progressivement des connaissances en interne mais le trajet dure facilement un an. Les réactions des nouveaux venus sont presque unanimement positives. Si vous avez une passion pour la technique, vous trouverez certainement votre bonheur ici. »
Résultats?
Quels sont les résultats, deux mois après l’événement? Tasha Moens: « Nous sommes satisfaits du retour. Au total, nous avons invité 13 personnes pour des tests. Finalement, trois ont signé un contrat. Une quatrième personne poursuit les tests. Pour les candidats qui n’ont pas été retenus ou qui ont échoué, cela ne signifie pas la fin de l’aventure. Nous leur conseillons, sans aucune obligation bien entendu, de suivre certaines formations qui pourraient s’avérer utiles lors d’une future sollicitation. » <<
Par Sammy Soetaert