CHRONIQUE  
Maintenance Magazine 139 – février 2018

Le facteur humain en maintenance

Dans l’édition précédente d’Engineeringnet – Maintenance Magazine, Trendwatch 2018, vous pouviez lire l’article relatif à une plateforme collaborative inter-entreprises du secteur de maintenance. L’ambition porte loin, elle a pour but de collaborer à une meilleure et plus efficiente maintenance.

Ces entreprises reconnaissent que les « ressources humaines » jouent un rôle pivot. Elles se rendent également compte des problèmes rencontrés aujourd’hui. Les défis tels que :

  • Personnel insuffisamment écolé techniquement, rotation d’emploi et le vieillissement ;
  • Nombre croissant de petites entreprises (réduction d’échelle) aux ressources limitées avec un nombre croissant de tâches diverses et complexes ;
  • Peu d’opportunités « learning-on-the-job » ;
  • Pression du management à être « Lean » (faire la même chose à moindre coût) ;
  • Être à la merci de la connaissance et du savoir du propre personnel technique.

La conséquence est que bien des sociétés tombent dans le travers d’une « organisation pompiers » qui ne suit que les cas critiques. Elles tombent de fait dans un cercle vicieux. Il est de plus en plus difficile d’assurer la disponibilité requise des actifs. La mise permanente sous pression du service technique stresse le personnel résultant en absences et en renforcement du problème.

Nous constatons que les solutions sont apportées sous la forme de formations supplémentaires, d’embauche de travailleurs temporaires ou d’extensions de capacité en production pour compenser les temps d’arrêt non planifiés. Aussi bien intentionné que ce soit, cela ne règle pas souvent le problème initial.

Pourquoi une formation supplémentaire ne résout pas le problème, c’est la question. L’expérience démontre que l’enseignement n’est efficace que dans le cas de son application pratique quotidienne. Ce n’est que rarement le cas et l’enseignement est vite oublié. Le personnel intérimaire n’est pas non plus la panacée. Il faut du temps pour former quelqu’un et la question se pose de savoir combien de temps un intérimaire reste dans l’organisation et contribue réellement à la continuité de cette dernière.

Au bout du compte, il s’agit :

  • de la bonne personne (expérience/qualifications/compétences) ;
  • la connaissance appropriée (préparation) ;
  • les matériaux et les outils adéquats ;
  • du temps disponible (disponibilité/urgence).

Nous avons du mal à organiser cela au sein des murs de notre propre organisation. Nous devons plus penser « communauté ». Une communauté est un groupe de personnes ou d’entreprises à l’objectif ou à l’intérêt commun. Nous devons faire « usage » et « partager » nos spécialistes en communauté. Que représenterait pour vous une forme de collaboration/communauté qui vous donnerait accès à un « pool » de personnel spécialisé disponible au moment propice ? Un groupe de personnes aux compétences diverses telles que :

  • Spécialistes opérationnels (à l’outillage adéquat) ;
  • Planificateurs et coordinateurs ;
  • Spécialistes produits à l’expérience du secteur ;
  • Régleurs de machines (y compris les plans de gestion) ;
  • « Reliability engineers » ;
  • Gestion et optimisation du stock de pièces.

Ce groupe de personnes fait usage d’une plateforme (la Communauté) dans un contexte de collaboration offre-demande (dans ce cas-ci lié au travail). Les rapports entre les différentes parties au sein de la communauté se déroulent simplement, sans processus administratif lourd et diffèrent des adjudications normales de travail à des tiers.

Pourquoi ne pas faire préparer nos jobs par des partenaires spécialisés offrant des garanties ? Pourquoi ne pas faire adapter/gérer nos dessins techniques et les documents par des spécialistes qui ne font rien d’autre ?

Pourquoi ne pas faire faire un job spécifique par quelqu’un possédant l’outillage approprié, faisant ce travail quotidiennement ? ... En outre, via la plateforme, toute l’administration technique est traçable par rapport au bon de travail initial, point de départ du job. L’administration se réduit ainsi à la portion congrue et l’information technique est disponible en temps réel pour sa propre organisation. C’est une forme moderne de pensée Lean...incluant la garantie !

Par Geert Nies, General Manager THOR Maintenance et Martin Smit, Business Development Manager Solutions chez RealDolmen

Dans les prochaines éditions, nous nous concentrerons sur d’autres éléments de la plateforme de collaboration tels que les processus, les systèmes et les données. Nous concluons en rappelant que les « ressources humaines » sont une partie importante de la collaboration et qu’une plateforme aide à organiser/gérer cela. <<