IN THE FIELD
Maintenance Magazine 150 – novembre 2020
Collaboration en chaîne en tant qu’écosystème dans la gestion d’actifs
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La collaboration ne va pas de soi, en particulier dans le cas d’actifs complexes. Actuellement, la situation est encore fort ‘conflictuelle’. (Photo iStock)

La collaboration en chaîne avec son écosystème offre une nouvelle opportunité pour une gestion efficace des actifs. Le personnel, les connaissances, les technologies de l’information et la technologie sont les clés indispensables du succès.
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En raison du développement de la technologie, de la digitalisation croissante et de l’attention accrue portée à la durabilité, il devient de plus en plus complexe pour les entreprises de mener elles-mêmes toutes les activités de gestion et de maintenance. Elles n’ont pas les connaissances et les capacités requises et doivent pourtant simultanément réduire les coûts et minimiser les risques. Pour introduire avec succès la gestion des actifs dans votre organisation, tout dépendra de la qualité de cette collaboration. Cet article traite de la manière à créer un écosystème avec vos partenaires externes afin de parvenir à une collaboration efficace dans la chaîne d’approvisionnement. Cela permet aux entreprises de concevoir, de mettre en œuvre, d’utiliser et de maintenir durablement un système d’actifs.
La collaboration ne va pas de soi, en particulier dans le cas d’actifs complexes. Actuellement, la situation est encore fort ‘conflictuelle’. La volonté du client de supporter le moins de risques financiers possible est diamétralement opposée au comportement de l’entrepreneur qui privilégiera ses bénéfices financiers. Il n’y a pas d’objectif commun pour les deux parties. C’est exactement ce que la collaboration en chaîne peut changer. Un objectif commun est recherché, tant pour les systèmes d’actifs que pour les processus de gestion. De cette manière, la collaboration conduit à l’expertise et à la connaissance du (des) partenaire (s), à une haute performance du système d’actifs, à des coûts moindres, à une flexibilité de capacité et de personnel... La collaboration en chaîne stimule la confiance mutuelle et les affaires équitables, à court et à moyen terme.
Comment mettre en œuvre la collaboration en chaîne ?
Tous les intervenants ont la possibilité, en fonction des objectifs, de donner une interprétation claire de la manière d’implémenter la collaboration, de spécifier leur propre éventail de tâches et de définir les responsabilités. Ceci est ensuite coordonné conjointement. Dans ce cadre, les processus de travail majeurs sont également détaillés et les ressources requises consignées pour établir une estimation financière. Après cela, les packages de tâches définis sont exécutés et évalués. La collaboration en chaîne a besoin d’un « régisseur » pour organiser ce processus. Il peut s’agir du propriétaire ou de l’utilisateur des systèmes d’actifs, mais pourrait également être le gestionnaire. Plusieurs facteurs critiques seront gage de succès : des résultats tangibles, un échange efficace de connaissances et d’informations, une analyse de fond et des rapports, une ouverture et une transparence prouvables dans des relations de confiance.
Penser écosystème
La collaboration en chaîne dans le cadre de la gestion des actifs signifie que toutes les parties opèrent de manière équilibrée les unes par rapport aux autres. Néanmoins, elles conservent leur individualité et leur propre modèle économique, avec leur propre perception des risques, des performances et des coûts des systèmes d’actifs. L’objectif de la collaboration en chaîne ne doit pas toujours correspondre aux objectifs commerciaux des entreprises participantes. En outre, il peut y avoir des différences dans les procédures de travail internes, les systèmes d’information utilisés, la situation financière… Penser écosystème est donc une base importante pour développer et établir la collaboration en chaîne. Un équilibre est recherché entre l’objectif de la collaboration et les intérêts de toutes les parties impliquées et de leur environnement. Mais quels mécanismes sont alors requis pour optimiser la collaboration en chaîne ? Cela peut être une incitation financière, mais aussi la performance ou les risques des systèmes d’actifs.
Propagation des connaissances, des données et du matériel
Au sein de cet écosystème, il est crucial de refaire usage des ressources disponibles de toutes les parties. Pour la gestion des actifs, cela inclut notamment la connaissance des personnes, des pièces détachées et des matériels. La gestion et la maintenance des actifs requièrent du personnel bien informé, en particulier dans le cadre de la collaboration en chaîne. C’est actuellement l’un des plus grands défis en gestion et en maintenance des actifs. La circulation des connaissances consiste en premier lieu à créer de nouvelles connaissances par le développement et l’application de nouvelles technologies. Par la suite, ces connaissances doivent également être partagées et réutilisées. Étant donné que chaque intervenant a son propre domaine de connaissances, il y a des avantages à l’intégrer et à l’utiliser de manière optimale. La digitalisation sera un catalyseur important pour l’échange d’informations. Cela permet aux parties d’agir promptement sur la base des données acquises. Nous constatons que les solutions numériques et intelligentes trouvent de plus en plus leur place dans la gestion d’actifs. Comme par exemple, l’analyse des données, la maintenance prédictive, l’intelligence artificielle ... En propageant les connaissances et les données, ces solutions accroissent l’efficacité. Finalement, la circulation des matériels est synonyme de recyclage des pièces et de ces matériels. Beaucoup de ces derniers est nécessaire pour entretenir les actifs physiques. Il y a un potentiel d’économies en recyclant les composants en totalité ou en partie.
Gestion durable des actifs
La manière durable dont nous concevons, construisons et utilisons les actifs déterminera à 90 - 95% les activités de gestion et de maintenance. Une approche durable doit viser à réduire l’impact économique et environnemental de l’utilisation des actifs et tendre vers une durée de vie optimale des systèmes d’actifs. Une conception d’actifs durable conduit à une fonctionnalité optimale des systèmes d’actifs et à des coûts minimaux de cycle de vie. Un équilibre est aussi recherché entre le fonctionnement, la longévité, la fiabilité et la ‘maintenabilité’. De cette manière également la réparation des actifs physiques devient plus facile et moins chère. Cela peut notamment être réalisé à l’aide d’une conception et d’une construction modulaires, par la standardisation et l’absence de maintenance des composants et l’usage de matériaux durables.
La collaboration en chaîne est cruciale
Parce que la conception, la mise en œuvre, l’utilisation, la gestion et l’entretien des actifs sont réalisés par divers intervenants, la collaboration en chaîne est impérative et cruciale. Cette dernière, avec son écosystème, offre une nouvelle opportunité pour une gestion efficace des actifs. Le personnel, les connaissances, les technologies de l’information et la technologie sont les clés indispensables du succès.
Par Guojun Zhu