IN THE FIELD  
Maintenance Magazine 144 – juin 2019

Les mesures ultrasonores dans le cloud

Jusqu’à récemment, les mesures ultrasonores étaient fondées sur des campagnes de mesure manuelles: scannage, stylo et papier. Aujourd’hui, tout ce qui est mesuré est envoyé dans le cloud pour que tout le monde puisse avoir accès aux données. Lors du salon Maintenance, SDT International d’Anvers a remporté le Prix de l’innovation BEMAS 2019 pour le développement de son détecteur à ultrasons SDT 340.

Des données ouvertes

« Travailler avec des ‘big data’ exige d’abord d’avoir des ‘bonnes’ data », lance André Degraeve, managing director de SDT, qui s’est toujours consacré à la capture de données. Ce qui est nou-veau, c’est que les données ultrasonores sont désormais accessibles aux personnes dont l’accès est autorisé. Les données sont ouvertes et peuvent être traitées dans les systèmes de gestion de maintenance assistée par ordinateur (GMAO). « Le logiciel – UAS 4.0 pour Ultranalysis 4.0 – est configurable et applicable dans plusieurs domaines. L’appareil offre la même interface/tableau de bord pour les mesures ultrasonores (de 20 kHz à 50 kHz) que vibratoires (de 5 Hz à 10 kHz). Chaque mesure a son canal. L’appareil possède un thermomètre infrarouge et un tachymètre. En termes de sensibilité, l’instrument de classe I dépasse les exigences de la norme ASTM 1002-11 pour la détection de fuites de gaz. Courbes de tendance, signaux temporels, spectres …» Le lo-giciel est disponible en quatre versions: l’UAS-Lite gratuite et UAS4.0 Standalone, UAS4.0 Server et UAS4.0 Cloud. A l’aide de widgets, le logiciel peut être étendu à d’autres fonctions ou appro-fondi. Les fichiers sonores wave seront bientôt visualisables.

Une prise de risque lors du développement

« En développant notre nouvel appareil SDT 340 qui envoie ses données dans le cloud, nous avons pris un sérieux risque en tant que petite entreprise », poursuit André Degraeve. Si SDT est connue dans le monde entier pour ses mesures ultrasonores, l’entreprise ne compte finalement que 26 collaborateurs à Bruxelles, 22 au Canada, cinq en Italie et trois en Inde. Pour une pme, un investissement de trois ans représentant l’équivalent de sept temps plein est un sérieux défi. Electronique, firmware, trois versions de logiciel ... L’enregistreur de données a été développé en interne. Une partie de la R&D a été sous-traitée parce que l’expertise et le temps manquaient en interne pour pouvoir être rapidement sur le marché. « Nous sommes les propriétaires du code source Java », souligne André Degraeve qui recherche des développeurs Java. « Nous devenons de plus en plus un développeur d’applications. » Le concept de mesure portable va continuer d’évoluer progressivement vers des installations de mesure fixes et permanentes. Mais SDT con-tinuera certainement à se consacrer au volet ultrason.

LEAKReporter

L’année dernière, SDT a lancé le LEAKReporter. L’opérateur équipé d’un détecteur à ultrasons SDT peut scanner les installations d’air comprimé et détecter des fuites. L’application LEAKRe-porter apporte une aide pour documenter et donc gérer les événements: à l’aide de votre smart-phone, vous prenez une photo de l’endroit où se situe la fuite, vous téléchargez l’image dans l’application et vous notifiez le résultat de la mesure. Outre les données dB, l’opérateur peut laisser un commentaire. « Nous avons déjà 2.000 utilisateurs. Nous voulons maintenant une con-nexion sans fil entre l’appareil de mesure et le smartphone. »

Formations

« La mesure ultrasonore est plus simple que la mesure vibratoire », admet André Degraeve. « Cela dépend bien sûr de l’ampleur que vous voulez donner à la mesure.» L’appareil donne de l’information sur la lubrification, l’usure, les fuites et même les applications électriques. « A cet égard, nous organisons des formations certifiées ASMT et ISO de quelques jours à plusieurs se-maines. » Au Canada, l’entreprise programme de partenaires en ultrasons qui, outre la formation et l’implémentation, inclut un support de maintenance chez les clients. « Et nous essayons de dé-ployer une formation certifiée ISO avec les Instituts Mobius. » <<

Par Luc De Smet

Réalité virtuelle et augmentée

« Réalité virtuelle ou augmentée? Nous suivons les développements mais il y a un fossé de plu-sieurs années-lumière entre le battage médiatique et ce qu’il se passe dans la pratique quoti-dienne d’une usine », déclare André Degraeve, general manager de SDT International, expert en mesure ultrasonore. « Les opérateurs sont surtout intéressés par des ‘checkers’ simples. Nous sommes ambitieux mais nous restons prudents et nous ne voulons surtout pas lâcher les fonde-ments de notre activité de base: la mesure ultrasonore. »