IN THE FIELD  
Maintenance Magazine 143 – mars 2019

Optical Gas Imaging

La détection de fuites de gaz avec des drones

L’entreprise de service de drones Trinova utilise des caméras thermographiques pour visualiser des fuites de gaz depuis les airs.

« La caméra peut détecter jusqu’à 400 gaz d’hydrocarbures » lance Wouter Oorts de l’entreprise de drone Trinova (Boechout) qui soumet les installations industrielles à des tests de fuite de gaz via sa caméra vidéo thermographique extrêmement sensible. Le spectre de la lumière qui traverse un gaz change. Les ‘images’ capturées sont comparées logiciellement les unes aux autres (soustraction d’image). Les ‘différences’ sont agrandies et indiquent la présence de gaz.

Trinova propose trois types d’inspection en vol avec son dispositif AceCore Neo conçu sur mesure, fiable et hautement redondant : un contrôle visuel, une inspection thermographique et la détection de fuites de gaz dans l’industrie chimique et pétrochimique. Elle se lance aujourd’hui dans des projets innovants. L’entreprise utilise une caméra OGI (optical gas imaging) comme la FLIR G300a pour envoyer des images en temps réel au moniteur au sol, lesquelles sont immédiatement interprétées afin de demander d’éventuelles autres images. Le thermographe de Niveau 3 permet à Trinova de répondre à toutes les demandes de l’industrie.

Les vols d’essais et une première mission avec la caméra thermographique ont entretemps eu lieu. Il s’agissait d’inspecter une torche qui présentait des anomalies. Via la prise d’images, il a été possible d’inspecter la torche (corrosion, éléments détachés, …). Les images thermographiques ont fourni de l’information sur l’allumage, la forme et la température de la flamme des pilotes. La caméra de détection des gaz a exclu toute fuite. « La caméra OGI n’a détecté aucune fuite de gaz », a indiqué Wouter Oorts.

Du pain sur la planche

« Nous prenons aussi des images thermographiques et RGB de pipelines et de réservoirs de stockage, isolés ou non, ou de jetées/d’échafaudages. » Quel est l’état de l’isolation ? Y-a-t-il de la corrosion ? Qu’en est-il des portes pipelines? Bien souvent, il ne s’agit pas d’une canalisation mais d’un groupe de conduites où la conduite à inspecter est cachée derrière d’autres. « Il faut alors prévoir plusieurs vols et images sous divers angles et hauteurs pour cartographier toute la conduite. Le drone est plus rapide et plus complet que la méthode manuelle, et l’inspection est répétitive. » L’inspection s’avère plus complexe lorsqu’un rack passe sous un pont ou traverse une ligne à haute tension. » Un autre développement est l’inspection de façades vitrées. A l’aide d’images visuelles et thermographiques, on évalue l’état des étanchéités mais aussi l’inclusion d’humidité ou la perte d’argon utilisé comme gaz isolant entre le double vitrage.

Collaboration

Dans cet environnement en évolution rapide, la collaboration est cruciale, estime Wouter Oorts. « Mieux vaut travailler ensemble que d’être concurrent ». L’entreprise veut explorer ce segment ou une spécialisation via des accords de collaboration. « Nous nous consacrons à l’innovation avec d’autres parties. Pour les inspections à l’intérieur, nous collaborons avec une entreprise néerlandaise. Nous sommes aussi en contact avec des universités et des hautes écoles », poursuit Wouter Oorts. L’entreprise travaille notamment sur une plateforme de capteurs pour la mesure d’émissions, une nouvelle manière d’inspecter les panneaux photovoltaïques et les capteurs de distance et de réaliser un examen minutieux en toute sécurité. <<

Par Luc De Smet